De l’autre côté du miroir…

Photo by Ronald Plett - De l'autre côté du miroir

Vous connaissez tous la vie « normale » que vivent les « gens normaux » au quotidien. Peut-être que cette existence vous convient, que vous ne vous êtes jamais posé de question à ce sujet. Pourtant, il y de grandes chances pour que cette « normalité » génère en vous un sentiment grandissant d’incomplétude, de frustration et d’incompréhension. Je me trompe ? Que diriez-vous d’apprendre ce qui se produit quand on bascule de l’autre côté du miroir ?

Il y a un avant et un après…

Il n’y a pas si longtemps, quelques années à peine, je voyais le monde (presque) sans nuance. J’ai grandi, comme beaucoup d’enfants, avec la croyance que le fonctionnement de ma famille était le fonctionnement de toutes les familles, que partout sur la planète les gens vivaient comme on vit en France. Je pensais que c’était une sorte de « vérité » pour tout le monde.

Même si je doutais parfois, même si j’avais l’esprit plus ouvert que beaucoup de personnes dans mon entourage, je ne questionnais pas le mode de vie dont j’avais hérité – de ma famille, de mon milieu social et de mon pays.

Quand je regardais la télé ou que je lisais, je le faisais avec distance. Je n’étais ni dans l’empathie ni dans la compréhension de l’altérité, mais dans la fiction. Tout ce qui n’était pas moi était fiction. Par exemple, je pouvais lire un témoignage d’ancien esclave ou regarder vivre une famille américaine à la télé sans saisir la « réalité » de leur expérience, tant celle-ci était éloignée de la mienne. Je n’étais pas capable de me mettre à la place des autres. (Je n’étais déjà pas à ma place, alors fallait pas trop m’en demander, hein !)

Par ailleurs, ainsi que notre société nous y incite, j’étais fermement décidée à mener ma petite vie et à tirer mon épingle du jeu. Mes rêves se bornaient souvent au matériel : avoir un jour les moyens de m’acheter tout plein de sacs de luxe, des vêtements de créateur et des bijoux trèèès chers. Et puis rencontrer tel acteur ou tel chanteur riche et célèbre, histoire de [censuré] 😀

Je vivais dans une pub, dans une bulle, dans un monde occidental idéal et idéalisé.

Conformisme, individualisme, égoïsme : le trio infernal

Pouf ! La bulle a éclaté. Ou plutôt, elle s’est désintégrée progressivement… Toutes mes illusions se sont effondrées et mon état d’esprit a radicalement changé en quelques années.

Aujourd’hui, quand je vois le comportement de la plupart des gens autour de moi, je me dis que je suis vraiment passée de l’autre côté du miroir. Là où il est impossible de voir les choses comme avant. Là où il est impossible d’être aveugle plus longtemps.

Je n’ai plus de télé depuis belle lurette, je n’écoute pas la radio à la maison, mais il m’arrive de tomber sur des pubs d’une bêtise stupéfiante, du genre qui nous rabaisse au rang de consommateurs béats et hystériques. Ce n’est pas flatteur pour la race humaine !

Les médias répandent (pas forcément consciemment) leur idéologie mensongère, les publicitaires se servent de tous les leviers possibles pour nous convaincre que, sans leurs produits, nous ne valons rien, et personne, absolument personne, n’est capable de discerner la supercherie.

Par pitié, voyons plus loin que le bout de notre nez ! Nous sommes bernés dans tous les sens, mais nous préférons nous vautrer dans des divertissements stériles, consommer la presse people et faire la chasse aux promotions plutôt que de réfléchir et d’aller regarder derrière le rideau.

Eh bien, un « simple » changement d’état d’esprit peut tout chambouler…

Oh, dis, on traverse comment ?

Vous pensez bien que s’il y avait un mode d’emploi, la plupart d’entre nous serions des saints auréolés… C’est contrariant, mais nous en sommes loin !

Je n’ai pas atteint ce stade merveilleux où tout dans ma vie est amour, joie et harmonie. Par contre, je peux vous dire que le changement que j’ai déjà expérimenté m’a conduite à me sentir encore plus en décalage avec les autres. Si vous décidez de suivre les pistes que je vous propose, sachez que ce chemin est infiniment bouleversant, inconfortable et… fascinant :

  • Tout remettre en question et éviter d’accepter une « vérité générale » avant de l’avoir décortiquée et soigneusement soupesée. Cela fonctionne avec les informations véhiculées par les médias, mais aussi avec les croyances familiales.
  • Écouter plusieurs sons de cloche avant de nous faire une opinion. Être prêt.e à en changer ou à la faire évoluer si besoin. D’une manière générale, mettre un peu de souplesse partout où c’est possible, au lieu de camper sur nos petites idées et nos grandes idéologies.
  • Ne pas tout prendre au premier degré, ne pas tout prendre personnellement, ne pas tout prendre au sérieux. Parfois, la vie a un humour qu’on ne capte pas tout de suite (la coquine).
  • Prendre du recul. Ne pas céder à la peur, à l’indignation ou à l’impuissance que les médias génèrent souvent. D’une manière générale, si notre réaction est trop vive, c’est que nous avons perdu un peu de pouvoir sur notre vie. (Ça, ça va faire rire mon compagnon, lui qui connaît les sujets qui me font systématiquement bondir et bouillir !)
  • Revisiter nos rêves. Dans quelle mesure sont-ils vraiment les nôtres, et pas ceux de notre famille, de notre environnement social, de notre époque ?
  • Réaliser que tout est en lien avec tout. Ce qui nous affecte à notre petit niveau affecte le monde à un autre niveau…
  • Arrêter de mordre aux pubs. Les objets peuvent nous apporter de la satisfaction et du plaisir, jamais un bonheur durable. Idem pour les voyages lointains (même s’il est très à la mode de se voir comme un baroudeur 3.0), les expériences « inouïes » à multiplier pour se sentir spécial.e, et les séries-à-voir-absolument qui nous détournent de ce qui est vraiment important. Ben on fait quoi, alors ? Encore une fois, on prend du recul… et on fait des choix !

Si ce que je viens de partager vous parle, alors je vous invite : rejoignons – vite vite – Alice et le lapin blanc 😉