Faire reculer le climatoscepticisme

Photo by Lumamannen - Faire reculer le climatoscepticisme

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de livres sur l’écologie. J’ai rattrapé mon retard avec Le syndrome de l’autruche de George Marshall et L’économie symbiotique d’Isabelle Delannoy. Un livre optimiste, un livre pessimiste. On commence par quoi ?

Mauvaise nouvelle : le déni climatique continue

George Marshall s’est donné pour objectif de comprendre les mécanismes du climatoscepticisme. Malgré toutes les preuves scientifiques appuyant le fait que le changement climatique est dû en grande partie (si ce n’est entièrement) à l’activité humaine, et que ledit changement climatique menace directement notre existence, beaucoup de gens préfèrent faire comme si de rien n’était…

Pourquoi ?

D’après les recherches de l’auteur, voici les principales raisons de ce déni :

  • Pour la plupart des habitants des pays occidentaux, le changement climatique ne représente pas une menace immédiate, identifiable et mesurable. Comme nous vivons en grande partie protégés de cette réalité, baignés dans une société de (fausse) abondance qui semble sans limite, nous ne remarquons pas les modifications insidieuses qui se produisent dans les océans, l’atmosphère, la biosphère, etc.
  • Ouvrir les yeux sur la réalité du changement climatique impliquerait de modifier nos modes de vie de façon plus ou moins drastique. Peu de personnes en sont capables, encore moins celles qui pensent qu’elles ont « tout » à y perdre plutôt que tout à y gagner. (Il est pourtant évident que nous avons tout à gagner à changer nos comportements, les ami.e.s !)
  • Nous avons tous des biais de raisonnement. Ainsi, si nos proches se préoccupent peu d’écologie, nous aurons tendance à penser que le changement climatique ne nous concerne pas – et à nous en laver les mains à grande eau. Autrement dit, pour ne pas nous différencier du troupeau, nous préférons croire en ce que notre entourage ou notre communauté croit.
  • Les scientifiques qui tirent la sonnette d’alarme s’appuient sur un postulat rationnel, laissant de côté la perspective émotionnelle qui pourrait impliquer plus facilement le public. À condition bien sûr de ne pas jouer sur la peur (qui décourage), mais plutôt sur la solidarité et l’implication active de chacun pour le bien-être de tous…

Bonne nouvelle : de belles initiatives naissent un peu partout

Isabelle Delannoy, pour sa part, a étudié l’hypothèse d’une nouvelle économie qui permettrait de régénérer la planète, l’économie et la société. Lucide sur l’effondrement imminent de notre société (auto)destructrice, l’auteure conserve malgré tout un optimisme militant, convaincue que les belles initiatives qui naissent çà et là peuvent essaimer et tout changer.

Son essai-manifeste est axé sur la symbiose, impliquant de réconcilier « les activités humaines avec la croissance des écosystèmes et des liens sociaux ». Convenons-en, c’est un beau programme !

Aujourd’hui, notre logique de gestion des ressources se résume à extraire, transformer, consommer, jeter. Dans une économie symbiotique, l’extraction serait réduite à son minimum, car tout serait issu d’écosystèmes vivants et se recyclerait à l’infini, dans un cercle vertueux, efficace et… rentable.

Le potentiel humain ne serait pas en reste, puisque chacun pourrait offrir ses compétences et ses connaissances pour le bénéfice de toute la communauté, créant ainsi un réseau d’intelligence collective, collaborative et contributive. Imaginez : plus personne ne serait laissé de côté, car tout le monde aurait la possibilité d’offrir ce qu’il a de meilleur, sans discrimination ni hiérarchie autoritaire… Un rêve pour beaucoup d’entre nous !

L’auteure rapporte également de très nombreuses initiatives ingénieuses déjà existantes, dans des domaines où la « symbiose » semble insolite, notamment dans l’industrie du pneu et dans une entreprise de photocopieuses…

Pour terminer en beauté, la description de la ville symbiotique imaginée par Isabelle Delannoy fait très envie 🙂

Et vous, quelle est votre méthode pour réveiller les autruches ?