L’autocompassion, un outil pour mieux s’aimer

Photo by Dean Moriarty - Autocompassion et Acceptation

Je me critique, je te critique, tu me critiques et tu te critiques. Et nous trouvons cela normal, parce que tout le monde le fait ! Entendez-vous cette petite voix aigrelette et mesquine qui serpente dans les replis de votre cerveau pour dénigrer tout ce que vous faites ? Comme la peur, la petite voix de la critique envahit sournoisement notre vie et pollue nos relations. Heureusement, nous pouvons apprendre à faire preuve de compassion, d’autocompassion et même d’acceptation radicale…

Pour écrire cet article, je me suis appuyée sur les deux ouvrages suivants : L’acceptation radicale, de Tara Brach et S’aimer – Comment se réconcilier avec soi-même, de Kristin Neff. Si le sujet vous intéresse, vous savez ce qu’il vous reste à lire 😉

Faut-il accepter le concept d’acceptation radicale ?

Même si j’avais déjà rencontré le concept d’acceptation dans plusieurs autres livres, c’est vraiment l’excellent ouvrage de Tara Brach qui m’y a initiée en profondeur. Ce n’est pas une notion évidente à appréhender, j’ai encore des résistances là-dessus !

En effet, qui pense spontanément que c’est en acceptant les choses que lesdites choses peuvent changer ? Nous aurions plutôt tendance à penser que tout accepter, c’est être lâche, baisser les bras, se cacher la tête dans le sable, etc. Bordel, il vaut mieux se bouger le cul et se battre, non ?

Eh non. Du moins pas systématiquement.

L’acceptation nous demande « simplement » de revenir à nous, de nous demander ce qui se passe en ce moment même dans notre vie, de reconnaître avec lucidité ce qui va bien ou ce qui ne va pas, et ensuite de l’accepter. S’il est possible d’agir, nous pourrons ainsi le faire avec discernement et clarté. Si ce n’est pas possible, nous pourrons plonger encore davantage dans l’acceptation, le temps que les choses évoluent à leur rythme.

Quel est le rapport avec l’autocompassion, me demanderez-vous (à juste titre) ?

Je vais faire de mon mieux pour répondre à cette question.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même : l’autocompassion en action

Selon Tara Brach, les deux clés de l’acceptation radicale sont la pleine conscience et l’autocompassion. Nous devenons capables d’acceptation dès lors que nous devenons capables d’observer, en pleine conscience, ce que nous ressentons et vivons à chaque instant. Et comme la vie peut parfois nous mettre à rude épreuve, l’autocompassion vient nous aider à traverser les secousses, à panser nos plaies. Rien de lâche là-dedans, donc.

En tant qu’êtres vivants, nous expérimentons la souffrance tout au long de notre vie, sous forme de maladies bénignes ou graves, de deuils, de chagrins d’amour, de blessures d’amour-propre, de hontes cuisantes, d’échecs professionnels, etc.

Personne n’y coupe. Pourtant, nous avons souvent l’impression que le destin s’acharne personnellement contre nous, que nos épreuves sont les plus pénibles du monde, que nous sommes condamné.es à souffrir seul.es et incompris.es. Par-dessus le marché, nous nous en voulons de notre faiblesse, de nos erreurs, de nos échecs.

Pauvres de nous !

Nous nous critiquons, parfois très durement. Nous détestons ce que nous sommes, ce que nous faisons, notre manière de nous comporter. Nous essayons de nous corriger, de nous améliorer, pour correspondre à un idéal si élevé qu’il en devient hors de portée. Et bien sûr, nous nous fustigeons de ne pas parvenir à atteindre cet idéal ridiculement inaccessible.

Nous faisons juste ce que nous avons appris à faire, c’est-à-dire nous comparer, nous juger et nous punir inlassablement. Rappelons-nous : c’est ce que tout le monde fait…

Et si nous faisions plutôt preuve de bienveillance envers nous, pour changer ?

  • Regardons en face ce qui nous fait mal, dans le but de nous consoler plutôt que de nous accabler de reproches.
  • Si nous sommes dans la peine et la douleur, prenons soin de nous comme une mère prendrait soin de son petit enfant.
  • Si nous avons merdé quelque part, admettons que ce qui est fait est fait, et tirons-en des leçons au lieu de penser que tout est définitivement foutu.
  • Offrons-nous ce que nous aimerions que les autres nous offrent – mais qu’ils ne savent ou ne peuvent peut-être pas nous offrir : de l’amour, de la compréhension, du réconfort, de la douceur, un espace intérieur de paix et de sérénité, de la confiance, des encouragements, des compliments…
  • Apprenons à être véritablement notre meilleur.e ami.e.

L’autocompassion aide à faire preuve de compassion envers les autres 

Rappelez-vous que personne n’a envie d’être rejeté. Être isolé est une de nos plus grandes peurs. C’est pour cela que nous nous (sur)adaptons et que nous tâchons de bâillonner nos « défauts ». Soyons dignes d’amour, comportons-nous comme les autres attendent que nous nous comportions ! Qu’importe les sacrifices et les cicatrices ! (Et vogue la galère !)

Est-ce que vous sentez ce besoin d’amour et d’appartenance qui fait vibrer votre cœur ? Est-ce que vous sentez, également, la peur du rejet et de la solitude qui vous noue les entrailles ?

Moi oui.

Et je comprends que tous les humains partagent ces deux sentiments. Et je comprends que ces sentiments nous amènent parfois à faire des choses stupides, des mauvais choix, des erreurs. Et je comprends que cela fait partie du chemin.

Et finalement, je comprends que tout le monde mérite la compassion que je peux désormais m’offrir à moi-même, parce que je me suis reliée à ce qui compose notre commune humanité.

Tout le monde veut juste être aimé.

C’est ça le secret.

Aviez-vous déjà entendu parler d’acceptation radicale et d’autocompassion ? Savez-vous faire preuve de bienveillance envers vous ? Et envers les autres, comment vous comportez-vous ? Savez-vous vous mettre à leur place, ne serait-ce qu’un court instant ?