Ralentir quand tout s’accélère

Photo by Adina Voicu - Ralentir et prendre son temps

Étant plutôt lente de nature, j’aime prendre mon temps pour faire les choses. Je déteste me sentir surchargée, donc je me réserve des plages régulières de détente pour revenir à mon « essentiel ». Mais je constate que beaucoup de personnes ne savent pas (ou plus) s’arrêter pour décompresser, réfléchir ou prendre soin d’elles. Gilles Vernet était par exemple un trader toujours sur la brèche, jusqu’à ce que la maladie de sa mère le fasse décrocher et changer de voie. Il partage son expérience dans le livre Tout s’accélère ! *, tiré du film du même nom (que je n’ai pas encore vu). Sa réflexion, qui englobe l’individuel et le collectif, incite à lever le pied et réapprivoiser le temps.

La vitesse actuelle n’est plus soutenable

La nature est réglée sur la cadence des saisons. Notre horloge biologique est rythmée par l’alternance du jour et de la nuit. Or, nous ne respectons plus ces cycles naturels. Nous refusons les temps de déclin et de latence nécessaires au bon fonctionnement de la Vie (avec un grand V).

À la place, nous exigeons croissance, progrès et productivité non-stop. Nous travaillons jour et nuit, à la lumière bleue de nos écrans. Sans nous rendre compte que ce sont nos ressources physiques que nous épuisons, ainsi que celles de la Terre.

Comme les nouvelles technologies nous permettent d’aller vite, nous devons répondre instantanément à nos mails, réagir à toutes les stimulations qui nous parviennent, consommer en un clic. En réalité, nous sommes dirigés par nos machines, et presque personne ne s’en aperçoit. Parce que tout le monde court, et tout le monde trouve ça normal.

Mais quel est le sens de toute cette frénésie qui nous aveugle sur les véritables enjeux ?

Pourquoi c’est grave

Les choses qui ont de l’importance prennent du temps : cuisiner, fabriquer un bel objet, réfléchir, faire pousser des légumes, profiter de ses proches, élever ses enfants, etc. Hélas nous vivons dans une société où il faut gagner du temps.

Gagner du temps ? Mais pour en faire quoi ? Y avons-nous réfléchi, avant de télécharger une appli coupe-file ou glissé un plat industriel (prêt en 2 min) au micro-ondes ?

D’autant plus que nous gagnons souvent du temps d’un côté pour le perdre de l’autre, dans des loisirs passifs qui détruisent notre capacité d’attention – et celle de nos enfants. La tête dans le virtuel, nous ne sommes plus en lien avec notre corps et sa réalité. S’il crie son mal-être, nous le faisons taire avec des médicaments. Jusqu’à ce que la maladie se déclare et qu’il ne soit plus possible de l’ignorer.

Nous perdons de vue le sens de la vie ainsi que notre propre bon sens. Et quand plus rien n’a de sens, tout devient absurde et vain. Ne reste plus qu’un vide existentiel à remplir frénétiquement, avec au bout du compte un sentiment tenace d’insatisfaction dans le cœur.

Il y a la solitude de ceux qui courent en tête, le sentiment d’échec de ceux qui restent sur la touche car ils ne peuvent plus suivre. Il y l’instinct de conservation et celui de compétition, exacerbés par la peur de l’échec, de la pauvreté et du déclassement. Un faux pas et nous perdons tout…

Dans ces conditions, quelle place donner au vivre-ensemble, à la solidarité et à la bienveillance ? Quel « créneau » reste-t-il pour offrir le meilleur de notre humanité ?

Comment ralentir

Dans son livre, Gilles Vernet nous prévient que nous ne pouvons pas continuer à accélérer ni à fonctionner sans réfléchir au sens de notre vie, à nos actes et à leurs conséquences. Il est temps de réduire le paradoxe entre nos valeurs, nos idéaux et nos actions dans le monde.

Pour sortir de cette course vaine et nous réapproprier notre temps, l’auteur propose plusieurs outils intéressants. J’ai retenu ceux-ci :

  • Respirer.
  • Méditer.
  • Dormir.
  • Déconnecter.
  • Faire une cure de beau, s’émerveiller.
  • Se demander ce qui est vraiment essentiel.
  • Réapprendre à manger et à cuisiner des produits frais.
  • Trouver des activités de substitution aux loisirs sur écran.
  • Se relier aux autres, retrouver notre empathie et notre altruisme.
  • Reprendre contact avec notre corps, nous ménager quand nous sommes fatigués.
  • Penser, réfléchir sur notre condition humaine, réveiller notre conscience morale.
  • Se poser des limites, se réguler, faire des choix, car il faut « de la mesure en toute chose ».
  • Simplifier !

Que pensez-vous du thème de ce livre ? Avez-vous besoin de ralentir ? Êtes-vous prêt(e) à le faire ?

* Livre reçu en service de presse