À la recherche du corps perdu #3

Photo by Couleur sur Pixabay - Se réconcilier avec son corps

Le moment est venu de faire le point sur les dernières choses que j’ai apprises grâce à mon corps, avec en bonus quelques suggestions de lectures passionnantes. Toujours très tendue, j’ai néanmoins bénéficié de quelques jours mémorables où mes mouvements étaient plus souples et plus libres, suite à une prise de conscience importante. Cela n’a pas duré, mais waouh, quels progrès encourageants ^^

Allô mes os ?

Au fil des exercices que me propose ma kiné, j’apprends à me familiariser avec des zones de mon corps auxquelles je ne prête pas attention habituellement. Je pense rarement à mon sternum, par exemple, ou à mes ischions ! Dans l’ensemble, je laisse mon squelette tranquille, bien à l’abri sous mes muscles, ma chair et ma peau.

Et pourtant : ma kiné m’apprend que nos os comptent énormément, car ils forment l’architecture de notre corps et jouent un rôle primordial dans chacun de nos mouvements. Alors que la vision occidentale a tendance à mettre l’accent sur les muscles, qu’il faut dessiner, sculpter et exhiber avec fierté (quand on en a), la vérité se situe plutôt dans notre squelette.

Ce sont nos muscles qui sont au service de nos os, et pas l’inverse. J’ai ainsi été encouragée à me tapoter le sternum pour lui redonner de la mobilité, à suivre le tracé de mes côtes et de mes clavicules, à explorer mes os iliaques, etc. Ces exercices avaient pour but de me familiariser avec la réalité, la solidité et la force de mes os. Ce sont eux qui nous hissent, nous portent et protègent nos organes vulnérables, après tout.

On a tous un (beau) squelette dans le placard 😉

L’erreur des accros du mental

Je me suis intéressée très tôt aux techniques de développement personnel. Au cours de mon adolescence, j’ai lu plusieurs livres sur la puissance du subconscient, la PNL, le New Age, etc. J’ai été incitée à croire que tout était question de mental. Si je parvenais à maîtriser mon mental et mes émotions, à penser positif et à m’appuyer sur ma volonté, je deviendrais « parfaite » et je réaliserais tous mes désirs.

Or, non seulement je ne savais pas ce qui était vraiment bon pour moi, mais en plus je n’avais aucune idée de ce qui faisait déjà naturellement ma force. Je jouais un rôle et je me suis fourvoyée car ce n’était pas le mien.

En effet, j’avais laissé de côté un élément fondamental : mon corps. Rien que ça ! N’oublions pas que notre corps est notre « véhicule » sur terre. Il nous permet d’agir et nous informe, via les sensations et les émotions qui le traversent, de tout ce qui se passe dans notre vie. C’est un baromètre personnel infiniment précis, à condition qu’on lui permette de s’exprimer et qu’on se mette à son écoute – et moi, j’évitais soigneusement de lui laisser la parole…

Donc, si l’optimisme et la pensée « constructive » sont effectivement des éléments importants pour avancer, tout le reste (et c’est beaucoup) passe par le corps.

Ne faites pas comme moi, ne le laissez pas sur le bas-côté !!! Il faut absolument l’inclure dans le voyage !!! (Et j’insiste, avec plein de points d’exclamation, parce que c’est fucking important !!!)

Trois lectures pour mieux se connaître via son corps

En finir avec les douleurs chroniques *, de Geneviève Choussy Desloges : ce livre nous encourage à ne plus combattre la douleur comme une ennemie, mais à l’accueillir comme une messagère. La douleur, bien que désagréable, reste un indicateur très précieux sur l’état de notre vie et de notre corps. Ce livre fourmille de techniques pour se reconnecter profondément avec soi-même. Dans mon cas, je sais que les tensions et la fatigue chronique que je ressens sont le fruit de nombreuses frustrations dans ma vie. Je me suis négligée, j’ai négligé mes valeurs, j’ai refoulé ma créativité pendant trop longtemps. Un jour, mon corps a été obligé de dire stop. Et depuis, je remonte la pente, petit pas par petit pas…

Le charme discret de l’intestin, de Giulia Enders : j’ai longtemps rechigné à lire ce livre, parce que je prévoyais une lecture bien « dégueu » que je n’étais pas sûre de pouvoir supporter. Vous le savez, tout ce qui touche au système digestif est un sujet tabou chez moi. Eh bien, ce livre comporte effectivement un chapitre inconfortable, que j’ai néanmoins lu – à bonne distante de tout repas. Bref. Giulia Enders a le mérite de « raconter » avec humour tout ce qui se passe dans notre corps quand nous mâchons, avalons, digérons et déféquons. C’est merveilleux de réaliser que tous nos organes font un travail impressionnant, efficace et « propre »… Enfin, quand tout va bien 🙂

Laisse parler ton corps… *, de Bernard Montaud : ce livre assez spécial, pas forcément accessible à tout le monde, explique les fondements de la psychanalyse corporelle. Cette technique approfondit le travail psychanalytique via un travail corporel, et vise à révéler nos quatre traumatismes fondamentaux pour nous en libérer. Je ne suis pas sûre d’avoir tout compris, ni même d’avoir envie de tester la méthode, mais j’ai trouvé passionnant le fait que le corps se souvienne de toute notre vie, dans ses moindres détails. Il serait même possible de réécrire notre histoire par ce biais… Fascinant.

Avez-vous déjà testé une technique corporelle ou psycho-corporelle qui vous a aidé à vous reconnecter à vous-même ?

* Livres reçus en service de presse