À la recherche du corps perdu #1

Photo Public Domain Pictures - Un corps rigide comme du bois

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a un corps derrière ce blog. Il y a mon corps, qui travaille pour vous écrire des articles passionnants et inspirants (oui, je me jette des fleurs aujourd’hui, c’est gratuit). Et derrière votre écran, il y a votre corps. Or, ce corps, nous avons trop tendance à l’oublier, alors qu’il nous accompagne pour toute la durée de notre vie. On le néglige, on le maltraite, on le nie, on le noue, on l’affame, on le gave… En-dessous de notre pauvre tête surmenée, notre corps supporte tous les mauvais traitements. Jusqu’à ce qu’il se rappelle à nous avec des symptômes désagréables, des douleurs et des maladies plus ou moins graves. Comment faire la paix ? Est-ce seulement possible ? Je vous propose de suivre mon cheminement, au fil des mois, pour le savoir…

Mon corps et moi, un match plutôt nul

Comme je vous l’avais confié ici, je commence juste à m’aimer et à m’accepter, doucement. Mais je sens que j’ai encore des couches de haine, de honte, de colère et de peur à pelleter avant de parvenir à être ma meilleure amie. Et je sens que ce pelletage passera en grande partie par mon corps et le déblocage de mes émotions enfouies. Parler, verbaliser, analyser et comprendre ne suffit pas. Je dois creuser plus loin – à travers mon satané adorable corps.

Je ne sais pas quand j’ai commencé à oublier mon corps. Je me rappelle que, quand j’étais plus jeune, on me reprochait souvent d’être « petite nature » et de trop m’écouter. Dans quelle mesure je m’écoutais trop, je ne m’en souviens pas. Quoi qu’il en soit, j’ai cessé de ressentir le plus possible, afin de correspondre à ce qu’on attendait de moi. J’ai décidé qu’avoir mal au ventre était normal, que c’était psychosomatique, que c’était mon lot et puis c’est tout.

Il y a quelques années, une fatigue intense m’est tombée dessus, accompagnée de douleurs dans le cou, les épaules, le dos, etc. J’ai remarqué que j’étais tendue des pieds à la tête, tout le temps. J’ai consulté des médecins, fait des examens, suivi un traitement homéopathique (je ne supporte pas les traitements conventionnels), consulté une kinésiologue pour tenter de « réparer » mon âme… Mais je n’ai rien fait de spécial pour mon corps, à part voir une ostéopathe – et c’est déjà bien.

Rappelez-vous, j’ai aussi testé cette méthode mais, par manque de discipline, je n’ai pas persévéré. Je crois que ce n’est pas plus mal car, ne sachant pas comment placer correctement mon corps, je n’ai gagné qu’une épaule tournée et un bon mal de hanches – réparés par mon ostéo, merci à elle. Cela n’enlève rien à l’intérêt de la méthode de Laurence Arpi, mais mieux vaut tout de même être accompagné.e dans les premiers temps, afin de ne pas adopter de nouvelles mauvaises habitudes posturales en essayant de corriger les anciennes…

Comment ça va, à l’intérieur ?

Je me souviens également du jour où ma sœur m’a confié qu’elle sait (presque) toujours comment elle se sent « à l’intérieur ». Elle sait ce qui va et ce qui ne va pas. Elle est suffisamment connectée pour pressentir quand elle atteint ses limites – ce qui ne l’empêche pas de les dépasser parfois. Cela m’avait littéralement troué le cul car, à cette époque, je n’avais pas vraiment conscience de ce qui se passait dans mon propre corps. Je comprenais que j’avais trop tiré sur la corde une fois qu’il était trop tard. La moindre douleur se diffusait partout pour brouiller tous les messages, et une cystite ou un mal de tête pouvait très bien me couper l’appétit – alors qu’il n’y a pas de rapport direct entre la vessie, la tête et l’estomac.

Bref, je pense que mon cas n’est pas unique bien qu’il soit peut-être extrême. Nous sommes nombreux.ses à camoufler nos douleurs, à les faire taire ou à les refouler jusqu’à ce qu’elles soient trop fortes pour être ignorées.

D’une manière générale, nous préférons prendre des médicaments ou des compléments alimentaires plutôt que de nous questionner sur nos habitudes. Mangeons-nous correctement ? Buvons-nous suffisamment ? Dormons-nous assez ? Savons-nous faire une pause quand notre corps le réclame ? Nous tenons-nous correctement, bougeons-nous correctement, nous asseyons-nous correctement ? Savons-nous respirer profondément pour bien nous oxygéner ? Faisons-nous de l’exercice régulièrement ? Avons-nous des relations sexuelles satisfaisantes ? Nous accordons-nous des massages, des soins ? Savons-nous tenir à l’écart les drogues, le tabac, l’alcool et tous les produits néfastes à notre santé ?

Non ?

Alors, est-ce vraiment une surprise si le mécanisme se grippe et si nous tombons malades ?

Mes dernières découvertes pour réconcilier corps et âme

La médecine a beau avoir fait d’immenses progrès, elle ne peut pas tout réparer. Notre corps est à la fois fort et fragile. Il a besoin d’être respecté, chouchouté et, surtout, écouté et compris. Car, je le rappelle : mieux vaut prévenir que guérir !

Pour ma part, lasse de ressentir toujours les mêmes tensions, j’ai commencé mardi dernier des séances de kinésithérapie basées sur la méthode Mézières et la méthode GDS. Cela me semble très prometteur. La kinésithérapeute a déjà défini que je suis AL et PM, c’est-à-dire que mes chaînes musculaires les plus en tension sont, respectivement, celle de la défense et celle de l’épreuve. Il va donc falloir procéder avec douceur pour ne pas que mon corps se mette sur la défensive pendant les soins, comme il en a l’habitude – même pendant des massages censés me détendre !

J’ai également lu deux livres intéressants :

  • Le corps a ses raisons, de Thérèse Bertherat, est un petit livre qui évoque très concrètement le lien entre les blocages du corps et ceux de l’esprit. Thérèse Bertherat, kinésithérapeute formée à la méthode Mézières, a mis au point une anti-gymnastique à base de mouvements « préalables ». Ces exercices sont pensés pour ne pas brusquer le corps, afin de prendre en compte son langage, ses blessures et sa façon naturelle de bouger. Tout un programme que je suis moi-même en train d’expérimenter…
  • Alignement, Centrage, Ancrage, Enracinement *, de Mary Laure Teyssedre, est un bon manuel pour se reconnecter à l’énergie vitale, s’ancrer solidement et se réaligner avec son âme. L’auteure propose un programme énergétique complet qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, présente une vraie dimension corporelle. En effet, il s’agit d’accepter de nous incarner pleinement dans la matière pour pouvoir mener à bien notre « mission de vie » sur cette Terre. Une fois les principes bien compris, ce n’est pas si ésotérique que cela…

Je me demande ce que tout cela va donner… La suite au prochain épisode !

Et vous, que faites-vous pour votre corps ? Le considérez-vous comme un ami ou comme un ennemi ? Avez-vous déjà testé la méthode Mézières ou une méthode similaire ?

* Livre reçu en service de presse