Dire non ne suffit pas

Photo by My Life Through A Lens - Ensemble pour créer un monde meilleur

Avouez : chaque jour vous trouvez mille raisons de vous révolter. L’actualité est violente et anxiogène, les hommes, les animaux et la planète sont maltraités quotidiennement, tandis que les gens autour de vous préfèrent se cacher la tête dans le sable, bercés par des divertissements futiles. Comment peut-on choisir de vivre comme si de rien n’était ?

Se révolter, c’est un premier pas…

Il est tentant, lorsque nous prenons connaissance et conscience des enjeux actuels, de devenir obsédé.e par la lutte contre la pollution, les injustices, la maltraitance animale, l’esclavage moderne, etc. Nous voilà bien remontés, gorgés de chiffres, d’informations, d’arguments… et de bonne volonté brouillonne. Par quoi commencer ? Quelle est la cause prioritaire ?

Notre énergie est bien là, mais elle est teintée de désespoir.

Nous considérons qu’il est de notre devoir d’évangéliser notre entourage, de militer contre ce qui nous retourne le cœur et l’âme. Nous nous enflammons, nous faisons preuve de maladresse, de dogmatisme et parfois d’intransigeance envers ceux qui ne se sont pas encore réveillés – mais enfin, ils sont cons ou quoi ?!

Nous rejetons en vrac tout ce que la société propose :

  • Non à l’aveuglement général et à l’aliénation de masse.
  • Non à la pollution et à la destruction de la nature.
  • Non à la surconsommation et au gaspillage.
  • Non à la compétition qui écrase forcément quelqu’un en cours de route.
  • Non à l’esclavage qui fait rage tout autour du globe pour répondre à nos caprices.
  • Non à la fausse démocratie dominée par les puissants et les lobbys.
  • Non à l’exploitation et à la souffrance animale.
  • Non à la télé et à ses programmes abrutissants et/ou violents.
  • Non au fichage informatique et aux objets connectés bien trop curieux.
  • Non aux réseaux sociaux et à leur proximité factice.
  • Non aux violences faites aux femmes.
  • Non au racisme et aux dérives nationalistes.
  • Non à la misère et aux inégalités.
  • Non aux banques et à la spéculation boursière.
  • Non à la malbouffe.
  • Non au cynisme.
  • Non au plastique.
  • Non à la publicité.
  • Non, non, non et merde à tout !

OK, mais on propose quoi pour remplacer tout ça ?

Ah.

Euh…

… mais il faut aussi trouver des alternatives !

Eh oui, c’est bien beau de gueuler dire non, de brandir des panneaux lors de manifestations, de lancer des discussions virulentes entre la poire et le fromage, mais où ça nous mène ?

À rien si nous n’agissons pas en retour. À rien si c’est juste de la rébellion à deux balles.

Le « non » porte une énergie négative, c’est un refus, une négation, un néant sur lequel on ne peut s’appuyer pour construire quelque chose de neuf.

Posons-nous plutôt la question de ce que nous voulons, pour nous, nos enfants et le monde en général. Sur quelle vision pouvons-nous nous appuyer pour poser des actions intelligentes et constructives ? À quoi voulons-nous dire oui ?

Nous devons surmonter la colère et la tristesse que nous ressentons devant les horreurs du monde, pour pouvoir proposer des alternatives et construire autre chose. De plus beau. De plus juste. De plus viable.

Remontons, degré par degré, vers l’espoir. Faisons comme si notre monde idéal était en place – par pour nous aveugler, mais pour envoyer de belles énergies positives autour de nous. Là où la peur, la colère et la haine nous ont pétrifiés, aigris et divisés, seuls l’amour, la joie et la beauté peuvent désormais faire évoluer les consciences.

Si nous ne pouvons pas sortir du système, tâchons au moins de sortir du conformisme et de nous désengluer de la négativité ambiante. Changeons à notre échelle en devenant plus conscients. Peut-être alors le système changera-t-il par la force des choses. Par la force de l’évidence.

À nous de jouer !

Quelles alternatives proposez-vous pour construire un monde meilleur ? À quoi dites-vous non, et à quoi voulez-vous dire oui à la place ?