Dire non au superflu pour ne pas se réencombrer

Photo by Kai Oberhäuser - Dire non à la surconsommation

Ceci est le deuxième article (sur trois) que je présente dans le cadre de l’éco-défi « Faire le vide chez soi » proposé par Natasha sur son blog Échos verts.

Promouvoir un mode de vie minimaliste et vanter ses bénéfices est une chose. Avoir le réflexe de limiter les objets qui entrent chez soi en est une autre. Parce que c’est bien beau de faire du tri, de jeter et de revendre périodiquement son bazar sur internet ou dans des vide-greniers. Mais si c’est pour continuer à acheter de plus belle, à accumuler sans réfléchir et à polluer la planète, à quoi ça sert ? On ne trie pas pour faire plaisir à Marie Kondo ou à Dominique Loreau, on trie dans le but de se réapproprier notre vie et notre façon de consommer. Du moins, c’est ainsi que je vois les choses. Pas vous ?

Le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas

Ce principe est tout simple, mais avant de lire Zéro déchet de Béa Johnson, je n’y avais jamais réfléchi sous cet angle. Je pensais que tant que je jetais mes emballages dans la bonne poubelle, tout allait bien. Mes déchets allaient être triés et recyclés, ce n’était plus de ma responsabilité.

Quelle grave erreur !

Ce que nous mettons dans nos poubelles pèse lourd sur l’environnement. Peu de déchets sont correctement triés, traités et recyclés. C’est pourquoi il faut agir plus en amont, en refusant catégoriquement tout ce qui va finir à la poubelle plus ou moins rapidement : sacs plastiques, sachets en papier, flyers, emballages, publicités, catalogues, gadgets inutiles et fragiles, couverts en plastique, gobelets de café, essuie-tout et serviettes jetables, blisters de médicaments, etc.

Nombreux sont ceux qui entassent des milliers de ces petits « bazars » dans leurs tiroirs/placards/armoires, et qui se retrouvent encombrés sans même comprendre comment c’est arrivé.

La meilleure solution pour ne pas en arriver là, c’est de ne plus laisser entrer quoi que ce soit de jetable, de superflu et d’inutile chez soi !

Aïe ! Quel (éco-)défi !

Les délicieuses sirènes du consumérisme ordinaire

J’ai connu la griserie de la possession et des collections. J’ai adoré :

  • Recevoir des catalogues de toutes sortes et rêver sur ce que j’allais pouvoir me payer – ou pas.
  • Découvrir dans ma boîte aux lettres des courriers de mes marques préférées, avec des promotions de foufou à l’intérieur.
  • Acheter un produit de beauté et recevoir un cadeau pour me récompenser de ma fidélité. Parfois, commander ou acheter uniquement pour avoir le cadeau…
  • M’abonner à des magazines pour recevoir des cadeaux. (Encore des cadeaux !)
  • Récolter des cartes de visite, des stylos, des brochures ou des bonbons un peu partout. (OK, j’avoue, je grappille encore des bonbons quand j’en trouve 🙁 🙁 🙁)
  • Récolter des échantillons de parfums et de produits cosmétiques pour tester pleeein de marques.
  • Collectionner les timbres, les chats en porcelaine, les images de mes stars préférées, les pin’s, etc.
  • Les cartes de fidélité et leur promesse d’appartenir à un club exclusif.
  • Les lots de type « un acheté, un gratuit ».
  • Tout (ou presque) ce qui était gratuit. « Gratuit » est un mot magique, vous avez remarqué ? Il ouvre les portes de la frénésie (vite, en profiter sans réfléchir), du manque de recul (si c’est gratuit, pourquoi s’en priver ?) et de l’avidité (les autres ont eu, pourquoi pas moi ?)…
  • Rédiger des listes longues comme le bras pour Noël et mon anniversaire. Si j’avais pu, je ne me serais pas privée de fêter mon anniversaire toute l’année !

Ça vous parle ?

Et si je vous demande pourquoi cette frénésie, pourquoi cette passion pour les biens de consommation et la fausse gratuité (quelqu’un en paye le prix quelque part) ? Est-ce vraiment cela qui nous apporte le bonheur ? Personnellement, cela n’a pas eu d’impact notable sur le mien, en tout cas pas de manière durable. Parce qu’il y a toujours quelque chose d’autre à désirer, c’est fatal.

Dire non et apprécier une nouvelle liberté

Et si nous nous rebellions ? Si nous refusions de nous laisser avoir par les stratégies des grandes enseignes et des publicitaires ? Si nous reprenions le pouvoir sur notre manière de consommer et de vivre ? Si nous cessions d’être possédés par nos possessions (et nos collections) ?

Voici quelques pistes pour y arriver :

  • Refusons tous les sacs dans les commerces et au marché. Quand nous sortons faire du shopping, munissons-nous d’un joli tote-bag, et équipons-nous d’un solide cabas et de sachets en tissu pour faire le marché et les courses.
  • Bannissons les produits emballés et suremballés. Opter pour du vrac ou des produits pas ou peu emballés, ça limite les options (et les achats compulsifs par la même occasion) !
  • Refusons les cadeaux grotesques et/ou inutilisables offerts par certaines enseignes pour faire leur promo.
  • Refusons même les « jolis » cadeaux offerts par certaines marques pour nous récompenser de nos achats, surtout si nous savons d’avance que nous n’en aurons pas utilité.
  • Évitons d’acheter des lots promotionnels qui périment trop vite, c’est-à-dire avant d’avoir pu être consommés.
  • Refusons les flyers, cartes de visite, stylos, petits cadeaux et autres goodies dans les salons, les marchés, les expositions et les manifestations.
  • Cessons d’avoir le « réflexe cadeaux ». À Noël, aux anniversaires et aux fêtes, offrons plutôt du temps, de l’attention, un bon moment, un objet fait main avec amour, un bon repas, etc. Préférons l’expérience et la chaleur humaine aux cadeaux impersonnels et produits en série. Pour ne pas se fâcher avec notre entourage, expliquons notre démarche avec le sourire. Il y a de fortes chances pour qu’il nous suive si nous sommes assez pédagogues 🙂

Tout cela demande quelques efforts au départ, mais c’est la promesse de conserver un logement aussi minimaliste et rangé que possible. Et aussi, naturellement, de faire notre part pour préserver les ressources de la planète.

Avez-vous d’autres stratégies pour limiter vos déchets, moins consommer et éviter d’encombrer votre intérieur ?