Le respect est-il une option facultative ?

Photo by Pezibear - Cultiver un respect total

Des passants qui jettent leurs papiers gras et leurs canettes de soda n’importe où. Des entreprises qui bafouent sciemment les droits de l’homme ou qui payent pour avoir le droit de polluer en toute tranquillité. Des chroniqueurs qui coupent la parole à leurs invités et qui les humilient en prime time pour distraire les téléspectateurs. Des milliers de tweets stupides et malveillants lancés dans les airs à chaque seconde. Quand je vois toutes ces preuves d’incivilité, je me demande si je suis la seule à accorder autant d’importance au respect. On dirait que c’est une valeur démodée, une option. Comment remettre le respect au cœur de nos vies ?

Premier degré : le respect de soi

Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, commençons par nous demander si nous nous respectons vraiment à titre individuel. Respectons-nous notre corps ? Répondons-nous de façon adéquate à ses besoins fondamentaux :

  • boire,
  • manger,
  • dormir,
  • bouger,
  • être protégé/habillé/abrité,
  • avoir des contacts affectueux réguliers avec d’autres corps,
  • avoir des rapports sexuels satisfaisants ?

Dans notre société ultratechnologique, basée sur la rationalité et les plaisirs illusoires, il est peu probable que ce soit le cas.

Ainsi, nous nous manquons de respect quand nous n’apportons pas à notre métabolisme une nourriture optimale et un repos suffisant, ou quand nous choisissons de nier que nos besoins (quels qu’ils soient) sont profondément insatisfaits. Nous nous manquons également de respect quand nous nous répétons toute la journée que nous sommes des losers, des incapables et des imbéciles – sous prétexte de nous améliorer.

Ça commence mal, hein ?

Deuxième degré : le respect des autres

Tous les jours nous sommes confrontés à la barbarie policée du monde moderne, à la violence larvée de la compétition et à la méchanceté plus ou moins gratuite. Nous expérimentons la critique, le jugement, l’intolérance, la médisance, la perfidie, la trahison et toutes ces vilaines flèches qui nous atteignent en plein cœur.

Mais il faut dire que nous participons au jeu, nous aussi ! Qui n’a jamais bavé dans le dos d’un voisin, d’un collègue, d’un ami ou d’un membre de sa famille ? Qui n’a jamais jugé l’étranger qui parle fort, le mendiant assis par terre, le mochard de la classe ou la salope du village ? Enfin, qui n’a jamais rêvé de grimper les échelons de la réussite, quitte à mettre en veilleuse quelques scrupules moraux au fil de l’ascension ?

Nous nous comportons comme si autrui n’était qu’un personnage secondaire, voire un élément du décor, dans le théâtre de notre vie. Nous faisons comme si nous étions les seul.e.s à avoir des sentiments, des espoirs, des peines, des rêves, des tracas…

Rappelons-nous que tout le monde a besoin d’amour, de compréhension et d’attention, et qu’il ne nous appartient pas de stigmatiser qui que ce soit pour quelque raison que ce soit. Cela ne nous empêche pas de remettre à sa place une personne désagréable ni de nous éloigner d’un élément toxique de notre entourage, mais l’idée principale est de respecter autrui comme nous aimerions qu’il nous respecte.

Simple comme bonjour, s’il vous plaît, merci et au revoir 🙂

Troisième degré : le respect du vivant dans son ensemble

Lorsque mon compagnon et moi avons déménagé en 2012 dans une maison de ville qui abritait bien trop d’araignées pour ma tranquillité d’esprit, j’ai fait un usage immodéré des bombes insecticides, parfois en vaporisation directe sur les intruses.

Un jour, j’ai lu le mode d’emploi d’une de ces bombes. Et là, j’ai eu un choc. En grosses lettres, le produit promettait une « action foudroyante ». En petit, était mentionné que la mort de l’arachnide indésirable survenait sous dix minutes. Dix minutes d’agonie ! Même (surtout ?) pour un insecte, la torture est longue, cruelle, abominable.

J’ai cessé d’acheter et d’utiliser des insecticides. J’ai lu des livres. Je suis devenue végétarienne. J’ai choisi de réfléchir à mon rapport avec tout ce qui vit. Les animaux. Les insectes. Les arbres. Les plantes. La terre. Les pierres.

J’ai réalisé que tout ce qui existe mérite notre respect inconditionnel.

Ce n’est pas mystique. Nous devons prendre conscience que tout ce qui vit est sacré. Nous devons oublier la vision anthropocentrique véhiculée par notre société et les religions monothéistes. Nous devons cesser de penser que ce qui ne rapporte pas d’argent n’a aucune raison intrinsèque d’exister. Nous devons cesser de penser que ce qui n’a pas été créé pour notre bon plaisir a été créé pour nous pourrir la vie (comme les araignées, au hasard) !

Il y a tellement de choses merveilleuses qui échappent à notre perception basique du monde…

Que vous inspire cette idée de respect ? Est-ce une valeur importante pour vous ?