Le noir et moi, c’est fini

Photo by Peter Kraayvanger - Les majestueuses couleurs du paon

Seize ans. J’ai porté du noir pendant seize ans, tous les jours, de la tête aux pieds. Je n’ai quasiment pas dévié de ce monochromatisme qui m’a pourtant valu de nombreuses remarques et pas mal de critiques. Cette période est finie. Je suis entrée dans le monde de la couleur, de mes couleurs plus précisément.

Quand tout est noir

Quand j’étais plus jeune, j’étais branchée sur le côté sombre et mélancolique de la vie. Peu optimiste de nature, j’écrivais des textes morbides et mes dessins représentaient des squelettes, des monstres, des démons, des sorcières… (Tiens, ce n’est pas totalement terminé, ça !)

Quand je suis entrée en Terminale, j’ai commencé à m’habiller intégralement en noir. Avec le recul, je pense que c’est parce que j’avais terriblement peur de grandir. Devenir adulte représentait trop de responsabilités et de galères à mes yeux. Je n’avais pas entièrement tort, du reste…

Au fil du temps et des années, le noir est devenu un uniforme derrière lequel je me cachais. Il me donnait l’agréable impression d’être immuable, mais c’était aussi la couleur de mes rêves éteints, de mes frustrations et de mes deuils.

En réalité, j’étais enfermée dans mes anciens schémas, morne comme un jour sans chocolat.

Le choc du reflet

Il y a environ un an, en marchant dans la rue, j’ai croisé mon reflet dans une vitrine. Avec un choc, je me suis vue telle que les autres me voyaient : invisible, incolore, monotone. Sinistre.

Un trou noir ambulant.

Blerk. C’est moi ça ??

Mon cocon sombre et confortable ne me protégeait plus, il m’étouffait et m’éteignait. Quelque temps auparavant, j’avais découvert le site de Flora Douville, et son approche de connaissance de soi à travers le vêtement m’attirait beaucoup. Comme j’étais fauchée, j’ai patienté avant de pouvoir m’offrir son programme (en plusieurs mensualités).

Découverte de ma saison

J’ai eu beaucoup de surprises pendant ce programme, mais je vais simplement parler ici de la découverte de ma saison. J’ai mis des semaines avant de « voir » ce qui m’allait. J’ai hésité entre toutes les saisons, sauf la mienne. Selon moi, je ne pouvais pas être Été. Et pourtant, tout a fait sens quand je me suis autorisée à me sentir Été. En même temps que mes couleurs douces et argentées, j’ai apprivoisé une partie étouffée de ma personnalité que j’avais tout fait pour nier.

Ce n’est pas pour rien que je suis attirée par la beauté et l’harmonie. Ce n’est pas pour rien que j’ai des aspirations artistiques. Cela compose ce que je suis et ce que je peux offrir au monde. Je n’ai pas à en avoir honte, je n’ai pas besoin de me fuir. Je peux juste me foutre la paix et être moi-même.

Une transition haute en couleur

Si j’apprécie de me connaître mieux, j’ai quand même dû changer toutes mes habitudes vestimentaires. Moi qui ne me prenais jamais la tête à assortir mes vêtements, je suis entrée dans une nouvelle dimension. J’ai acheté de « nouveaux » vêtements (la plupart d’occasion) et j’en ai cousu quelques autres. Cependant, comme je ne trouve pas souvent les vêtements ni les tissus que je veux, je tourne avec peu de pièces et harmoniser mes tenues est un vrai défi. Je ne suis pas sûre que mes agencements soient toujours du meilleur effet…

Si vous avez déjà croisé un paon daltonien sous LSD, vous savez de quoi je parle.

Malgré tout, je me sens plus belle et plus rayonnante que jamais. Le plus incroyable, c’est que ma nouvelle couleur préférée est le rose !

Le rose !

Si on me l’avait dit il y a quelques années, j’aurais tiré une triste, triste figure…

Savez-vous ce que vos vêtements racontent sur vous ? Connaissez-vous les couleurs qui vous mettent en valeur ? Avez-vous déjà fait l’expérience d’une métamorphose vestimentaire qui vous a révélé à vous-même ?