Chercher le sacré

Photo by Neil Rosenstech - Chercher le sacré

« Si tu ne fais pas ta communion, tu iras en enfer ! » Voici ce qu’un curé de campagne m’a dit quand j’ai voulu arrêter le catéchisme. C’était il y a fort longtemps, mais je me souviens que ce discours ridicule, loin de m’effrayer, m’avait fait sourire – ce qui m’avait valu un sermon sur mon insolence, par-dessus le marché ! Je cherchais partout le divin et le sacré, pressentant peut-être déjà qu’ils ne se trouvaient pas forcément (ou pas uniquement) dans les sentiers battus de la religion…

Le sacré, le spirituel, le religieux… et moi et moi et moi 

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été à la recherche du sens de la vie en général, et de la mienne en particulier. J’ai ressenti très tôt le besoin d’aller au fond des choses, de comprendre le pourquoi du comment, de trouver le bouton magique qui fait fonctionner le tout. Il m’était naturel de croire en Dieu, à la fois comme une réalité intangible, une source de réconfort et une hypothèse intéressante.

J’ai donc demandé à faire du catéchisme pour aller voir si je ne pouvais pas me rapprocher de ce fameux Dieu, de Son fils et du Saint-Esprit. Pendant quelques mois, je suis même allée à l’église tôt (trop tôt !) le dimanche matin…

Je cherchais quoi ? Du sacré.

Est-ce que je l’ai trouvé ? Pas vraiment.

Les églises sont belles. Les chants liturgiques sont beaux. Mais les prêches affectés, les mesquineries humaines et les petits arrangements avec les « valeurs chrétiennes » ne le sont pas. Certains actes, certaines paroles, trahissent le sacré.

J’étais déçue de constater que même les prêtres et les curés n’avaient pas de réponses satisfaisantes à mes questions. Parfois, j’avais même l’impression qu’ils en savaient moins que moi. Diantre, ils niaient carrément que les animaux possèdent une âme !

Alors adieu caté, curé, piété – au temps pour mon repos éternel…

Religion et mythologie, deux mots pour une même chose

L’être humain, qui aime se raconter des histoires, a tout naturellement inventé les mythes pour expliquer sa présence sur la Terre. Or, si on y réfléchit bien, la religion n’est finalement qu’un mythe élaboré, auquel des millions de personnes adhèrent encore aujourd’hui, sous une forme ou sous une autre.

Pourquoi devrait-on davantage croire à la Genèse biblique qu’aux récits originels des Amérindiens et des Maoris ? Le Dieu de ma culture judéo-chrétienne n’est pas plus « réel » que ceux des anciens Égyptiens ou des Vikings… Il a juste trouvé suffisamment de fidèles pour le faire exister jusqu’à maintenant !

(Voilà, je perds définitivement toutes mes chances d’aller au paradis, avec une telle hérésie !)

Toutes les mythologies (universelles, nationales, collectives, familiales, personnelles) que nous inventons pour donner du sens à une vie qui sinon n’en aurait pas, ne sont que des constructions mentales, des histoires qui servent à fédérer les communautés et les peuples. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, à condition que l’ouverture d’esprit soit de la partie.

Mais alors, il n’y a plus rien de sacré ? Plus rien de divin ? Plus rien en quoi croire ? Plus rien à quoi se raccrocher ?

Heureusement que si !

Ma vision du sacré

Voici la définition du mot sacré, selon le CNRTL : Qui appartient à un domaine séparé, inviolable, privilégié par son contact avec la divinité et inspirant crainte et respect. Relatif à des choses ou à des personnes sacrées.

Si j’avais à donner une version personnelle de cette définition, je dirais que le sacré est quelque chose de transcendant, qui peut inspirer certes du respect, mais en aucun cas de la crainte. Le sacré est en chacun de nous, il n’est pas séparé, et nous n’avons pas besoin de passer par des intermédiaires pour l’atteindre (même s’ils peuvent être un soutien précieux par ailleurs).

Pour ma part, je crois toujours qu’une force suprême est à l’œuvre dans l’Univers, mais je ne l’appelle plus Dieu. J’ai décidé de tracer mon chemin vers le sacré toute seule, d’en faire l’expérience directe, loin des querelles religieuses insensées qui secouent depuis toujours le monde.

Ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre les religions, ni contre les personnes croyantes et pratiquantes. Je respecte les choix (conscients) de chacun et je ne cherche pas à imposer mon point de vue sur ce sujet car, n’en déplaise à certain.e.s, la Vérité unique n’existe pas…

Pas plus que l’enfer promis par mon maître de catéchisme 😉

Vous l’avez compris, cette question me travaille profondément depuis l’enfance. Et vous ? Y avez-vous déjà réfléchi ? Avez-vous une définition différente du sacré ?