La véritable écologie part du cœur et de l’âme

Photo by Gary Bendig - Pour une écologie spirituelle

On a parfois l’image de militants écologistes hargneux, extrêmes et en marge de la société. Comme si l’écologie était un combat, avec les « bons » d’un côté et les « mauvais » de l’autre. Les bons étant, selon les points de vue, les écologistes ou… les « gens normaux », qui vivent « normalement ». C’est-à-dire en se moquant des écologistes, un ramassis de rabat-joie patentés et d’agités du bocal. Or, quand il s’agit de l’avenir de la planète, peut-il vraiment y avoir des bons et des mauvais, des gens normaux et des rebelles incurables ? Ne sommes-nous pas tous dans le même bateau – un bateau qui prend de plus en plus l’eau ? Pourquoi ne pas accepter de voir la réalité en face afin de tous nous unir pour construire quelque chose de nouveau ?

Conscientiser nos émotions peut nourrir notre engagement écologique

Qu’on le veuille ou non, nous sommes tous réceptifs à la souffrance du monde. Selon les écopsychologues, beaucoup de nos dysfonctionnements psychologiques proviendraient de cette souffrance non conscientisée. Les violences que nous infligeons à la nature nous reviennent de plein fouet car, même si nous nous sommes coupés de la nature, cette dernière continue d’agir sur et à travers nous.

Dans leur ouvrage Écopsychologie pratique et rituels pour la terre *, Joanna Macy et Molly Young Brown proposent une multitude d’exercices à effectuer en groupe pour se relier à soi, aux autres et à la planète.

Les deux auteures affirment que la culpabilité, la peur, l’impuissance et la colère que nous pouvons ressentir face à la situation actuelle sont normales et naturelles. Les nier ne fait qu’amplifier notre souffrance.

Car le déni prend beaucoup d’énergie… qui pourrait être mieux utilisée.

En commençant par accueillir nos émotions douloureuses, en les partageant au sein de groupes bienveillants, il est possible de trouver la force d’affronter la situation avec un regard et un courage neufs. Et, du coup, d’imaginer des solutions pour construire un nouveau monde !

Mais travailler sur nos émotions ne suffit pas…

L’écologie spirituelle de Satish Kumar

Pour Satish Kumar, le véritable changement n’apparaîtra qu’en cultivant un nouvel équilibre entre :

  • la Terre (qui nous nourrit),
  • l’Âme (c’est-à-dire notre conscience éclairée)
  • et la Société (les relations d’interdépendance que nous tissons).

Dans son ouvrage Pour une écologie spirituelle *, le sage d’origine indienne fait le constat que l’économie actuelle a perdu ses racines écologiques, réduisant les êtres humains, les animaux et la nature à des chiffres sur un tableur. Anthropocentrisme, spécisme, mais aussi mondialisation et capitalisme font le lit de tous les ravages environnementaux et sociaux.

S’il est difficile de lutter contre ces grandes idéologies de manière frontale, nous pouvons déjà commencer par développer en nous des qualités de non-violence, de modération et de discipline. L’auteur nous invite également à régler nos conflits intérieurs afin d’incarner la paix que nous désirons voir se répandre à plus grande échelle. Selon lui, méditer sur la paix une toute petite minute par jour représente un grand pas vers la guérison du monde !

Bienveillance, respect, justice, solidarité… Satish Kumar ainsi que tous ceux qui croient en ces valeurs (moi y comprise) se font souvent qualifier d’idéalistes, de naïfs et de rêveurs. Voire de Bisounours, un mot très à la mode et fortement chargé de mépris…

En tout cas, moi, je préfère imaginer (et contribuer à créer) un monde plus beau… J’ai trop de mal à me résigner à celui, insensé, que les réalistes acceptent sans moufter. Les Bisounours changeront le monde !

Idéaliste ou réaliste, que pensez-vous des pistes évoquées dans cet article ?

* Livres reçus en service de presse