Se foutre la paix, c’est vital

Photo by Magikphil - Libre comme un oiseau

Sait-on encore se foutre la paix ? Notre société nous encourage à agir toujours plus, à être plus performants, plus adaptables… mais aussi plus calmes, plus dociles, afin de ne pas faire de vagues dans l’océan de l’ordre établi. La pression est telle que nous nous torturons souvent pour entrer dans des cases impossibles. Fabrice Midal, dans son ouvrage Foutez-vous la paix ! *, nous encourage à un peu plus de bienveillance.

Foutez-vous la paix… vraiment ??

Foutez-vous la paix ! Ah ! Encore un ordre, une consigne, une injonction ! Mais « foutez-vous la paix », ce n’est pas « lâchez prise » ni « calmez-vous », c’est beaucoup plus doux… C’est l’autorisation de déposer les armes, tranquillement, pour être ce que nous sommes.

J’aime beaucoup l’approche de Fabrice Midal, très différente selon moi de celle de ses confrères qui parlent de méditation, de développement personnel ou de spiritualité. Plutôt que de nous vendre une méthode « infaillible » et calibrée pour tous, il nous propose de nous accepter inconditionnellement. Accepter notre peur, notre impuissance, nos limites et tout ce que nous considérons comme nos défauts.

Nous sommes tous imparfaits, avec des réactions, des émotions et des pensées qui nous dépassent parfois. Le reconnaître, l’accepter, c’est déjà être sage.

La tyrannie de la zénitude

Selon Fabrice Midal, la méditation utilisée comme outil productiviste ou comme sédatif n’est pas de la méditation. Se forcer à méditer ne sert à rien. Se forcer à être serein.e en toutes circonstances, à tout aimer, à tout accepter passivement, n’est que sottise. Il est plutôt nécessaire d’être lucide, vivant, désirant, libre !

On recherche la sagesse comme un nouveau Graal, sans se rendre compte qu’à force de suivre sans discernement certains préceptes édulcorés, nous nous éloignons d’elle. Mieux vaut donc réapprendre à réfléchir et à expérimenter la vie par nous-mêmes, sachant que rien n’est jamais figé dans une seule vérité définitive et absolue.

Cela m’a fait un bien fou de lire ce livre, malgré son paradoxe : l’auteur nous encourage à nous foutre la paix, tout en nous laissant la responsabilité de ne pas lui « obéir » passivement…

Et vous, êtes-vous prêt.e à vous foutre la paix et à tracer votre chemin seul.e ?

* Livre reçu en service de presse