De la beauté pour sauver le monde

Photo by Pezibear - La beauté qui sauve le monde

Étant quelqu’un qui s’émerveille facilement (même si j’avais perdu cette capacité il y a quelques années), je suis souvent touchée par toutes les jolies choses, autour de moi, qui ne demandent qu’à être remarquées. Naturellement, pour cela, il faut être un minimum réceptif et ouvert. Mais lorsque le ciel devient une toile d’artiste, que les papillons virevoltent au soleil, que les fleurs composent une symphonie colorée et odorante, tout devient magique. Peut-être même au point de sauver le monde…

Si vous avez besoin d’un shoot de beauté frelatée, tapez 1

Il y a ces filles « canons » qui envahissent les magazines féminins, les espaces publicitaires, les podiums et les soirées people. Elles sont artificielles des ongles de pied à la pointe des extensions capillaires, mais des milliers d’hommes les trouvent belles à en fantasmer la nuit, tandis que des milliers de femmes se mettent en tête de leur ressembler coûte que coûte.

Il y a ces photos ultraretouchées que l’on trouve sur Instagram et Pinterest, qui mettent savamment en scène paysages, animaux, œuvres d’art, objets du quotidien, aliments… Et ce jusqu’à saturation, sans que jamais nous n’ayons un contact direct avec ces sources de beauté. On mate tout à travers un écran. C’est tellement plus rapide, satisfaisant, excitant ! (Je ne critique pas entièrement cela, j’aime les jolies photos et beaucoup m’inspirent, mais je parle ici d’expérience directe et d’authenticité, pas de surenchère d’images numériques.)

Il y a aussi ces belles voitures (polluantes au possible), ces vêtements et ces chaussures aussi stylés qu’importables, ces objets décoratifs qui viendront temporairement habiter notre intérieur, jusqu’à ce que la mode change…

C’est bien « beau », tout ça… Sauf que…

La beauté, elle ne se trouve pas dans un smartphone, ni dans une boutique de cosmétiques, ni dans les allées d’un grand magasin hype. La beauté vraie, on la déniche comme un trésor dans les volutes des nuages, au détour d’un chemin de campagne, au cœur d’une forêt mystérieuse. Ou encore dans les fossettes d’un nouveau-né, dans un geste de solidarité, dans un pardon accordé. La beauté est simple, accessible à tous, et elle ne se démode pas. Parfois, une version de la beauté se trouve dans les musées, au coin d’une rue ancienne, sur les étagères d’une boutique artisanale. Cette beauté-là est un peu plus apprêtée, elle doit beaucoup à la main humaine, mais elle possède néanmoins le pouvoir de nous toucher, de nous émerveiller.

Si vous souhaitez contribuer à la beauté du monde, tapez 2

Beaucoup de gens ne savent plus percevoir la beauté. Par exemple, nous pouvons tomber en admiration devant une friche envahie d’herbes et de fleurs sauvages, tandis que notre voisin n’y verra qu’un terrain constructible. Quel triste pragmatisme ! Calculer ce que l’on peut tirer d’un endroit plutôt que contempler sa beauté brute et authentique !

Il se trouve par ailleurs que le monde est rempli de laideurs, d’injustices et d’atrocités. Il existe des horreurs contre lesquelles il faut lutter, de toutes nos forces. Mais on peut lutter en douceur, parce que tout le monde n’est pas capable d’être activiste, médecin, travailleur social ou « aidant ». Certaines personnes sont davantage douées pour apporter de l’harmonie, de la beauté ou de la douceur autour d’elles.

Et pourquoi cela ne suffirait-il pas ?

Lorsqu’une étincelle de beauté attire notre attention et provoque notre émotion, n’est-ce pas une preuve que la vie vaut la peine d’être vécue ? Est-ce que cela ne nous redonne pas le sourire, et l’espoir, parfois ?

Pour être mis en relation avec le sublime, composez le 3

Tout cela peut paraître bien gnangnan, surtout aux âmes prosaïques et matérialistes. Et pourtant, derrière ce prêche saupoudré de sucre candide, le sublime attend son tour.

Un paysage majestueux qui nous coupe le souffle, une musique qui nous remue profondément… L’aile du sublime se pose sur notre joue et nous avons la chair de poule, nous sommes au bord des larmes, notre cœur se serre sous un feu d’artifice d’émotions. Le sublime nous transporte vers des sphères bien plus élevées que ce que nous expérimentons habituellement, et connaître une telle expérience est relativement rare. Mais lorsque cela nous arrive…

Waouh !

Ça peut tout changer.

Alors, si cela vous tente, remplaçons là où nous le pouvons la laideur par la beauté, l’artifice par l’authenticité et la haine par l’amour. Qui sait ce qui se produira alors ?