Que faire de l’ennui ?

Photo by Pixel-mixer - Léopard des neiges qui bâille d'ennui

Parfois l’ennui me prend. Comme un mauvais amant, il m’enlace jusqu’à m’étouffer, il m’abrutit, bloque toutes mes envies. Quelquefois, il est plus doux, presque caressant. Mais je ne le déteste pas pour autant ! Parce que l’ennui possède deux visages, l’un sombre et l’autre, plus clair. Mais savons-nous encore faire la différence entre ces deux ennuis ?

Les multiples causes de l’ennui 

 On peut s’ennuyer parce que :

  • Rien ne se passe.
  • On n’a envie de rien.
  • On est trop seul (ou pas assez).
  • On est contraint.e de faire une pause imprévue (maladie, chômage…) qui nous fragilise.
  • On est bloqué.e quelque part sans aucune distraction (cas rare de nos jours).
  • On attend quelque chose avec impatience et on trouve le temps trèèès looong.
  • On a fait le tour de notre job/de notre couple/d’un sujet qui ne nous passionne plus comme avant.
  • On ne parvient plus à donner du sens à ce que l’on fait.

Ennui, morosité, solitude, lourdeur, déprime & Cie

Brrr, ces mots ne font pas rêver… Et pour cause ! Qui a envie de se sentir morose, esseulé et déprimé ? Qui a envie de s’ennuyer, de se sentir désœuvré, voire inutile ?

Je ne parle pas d’un petit coup de mou ponctuel, comme cela arrive à tout le monde, mais bien d’un ennui installé et tenace. Celui que de nombreuses personnes âgées ou au chômage sont susceptibles de ressentir, quotidiennement.

Tous les jours, entendre rire et vivre les passants, dans la rue. Et entre quatre murs, se sentir gluant de solitude et fétide d’esseulement. Las avant d’avoir commencé la journée.

Cette face sombre de l’ennui peut mener à la dépression : il faut absolument la combattre le plus rapidement possible, en se faisant aider par tous les moyens à notre portée.

On passe tout de suite à l’autre face de l’ennui, pour mieux comprendre la différence.

Ennui, repos, inspiration, envie, renouveau & Co

Quand il n’est pas accompagné d’un état dépressif, l’ennui est un « désagrément » nécessaire pour nous ressourcer, retrouver de l’élan ou de l’inspiration, laisser vagabonder un peu notre cerveau surmené…

Qu’on se le dise, l’ennui a son utilité !

Mais savons-nous encore nous ennuyer ? Il semblerait que non. Nous sautons d’une activité à l’autre sans prendre de pause, nous nous gavons de distractions, nous sortons notre smartphone dès qu’une minute « libre » se présente dans notre journée. Pas de place pour l’ennui là-dedans !

Or, en prenant régulièrement le temps de faire une vraie pause, quitte à nous ennuyer légèrement, il se peut que notre cerveau génère de nouvelles idées créatives, des solutions inédites à nos problèmes du quotidien, des envies profondes et refoulées, etc.

L’ennui peut aussi être le signe que nous avons besoin de nous activer « utilement ». Si nous remettons toujours au lendemain une tâche ingrate (ménage, au hasard) ou un projet créatif, notre esprit va avoir tendance à nous rappeler à l’ordre, et nous ressentirons un ennui bouillonnant pendant nos moments de repos… Donc, plutôt que de larver devant une série, mettons-nous au travail et l’ennui nous lâchera les baskets !

L’ennui : le contourner, le vivre ou le combattre ?

Voici quelques stratégies pour mieux réagir aux différentes formes d’ennui que nous pouvons être amené.es à ressentir un jour ou l’autre :

  • Si c’est un ennui vague et passager, on peut tout simplement accepter de le vivre, en attendant de rebondir sur une nouvelle envie, une nouvelle idée, un nouveau projet. Sachons accueillir les moments creux comme autant de moments précieux.
  • Si c’est un ennui collant qui commence à agir sur notre moral, mieux vaut sortir de chez nous, appeler un proche ou trouver une distraction amusante pour le chasser.
  • Si c’est ennui installé, doublé d’une grande lassitude, il est nécessaire de nous faire aider par un professionnel de santé. Il peut être utile également de trouver une activité agréable à pratiquer de préférence en groupe : cours de gym, de dessin, de poterie, d’informatique, etc.
  • Si c’est un ennui fébrile, c’est le moment de nous atteler à un projet mis de côté depuis longtemps. On peut aussi en profiter pour cuisiner, faire le ménage ou ranger notre lieu de vie. L’essentiel est de nous activer sur une tâche suffisamment absorbante, qui produira un résultat tangible à la fin.
  • Si c’est un ennui lancinant qui dure dans le temps, ça vaut peut-être le coup de nous interroger sur notre vie, nos occupations, nos relations. Est-ce qu’elles répondent à nos besoins profonds ? Est-ce qu’elles reflètent bien nos désirs, nos valeurs, nos aspirations ? Laissons le temps et l’ennui travailler pour nous… en toute conscience.

Bon, en attendant, j’espère que je ne vous ai pas trop ennuyé.es 😉