La nature comme source d’enseignement et d’inspiration

Photo by Giancarlo Revolledo - La nature comme source d'enseignement et d'inspiration

Cet article est ma troisième contribution à l’éco-défi « Se reconnecter à la nature » proposé par Natasha sur son blog Échos verts.

Pour de nombreuses personnes, la nature est une sorte de décor auquel elles n’accordent qu’un bref coup d’œil de temps en temps – en vacances essentiellement. Les citadins s’intéressent peu aux petites fleurs qui poussent au bord du trottoir ou aux rares arbres qui ponctuent le chemin vers leur travail. Les ruraux ont peut-être davantage d’occasions d’admirer leur environnement, mais en profitent-ils vraiment ? Nous sommes tous tellement obnubilés par nos soucis, par le sérieux de la vie, que nous passons souvent à côté des belles choses simples. Or, la nature a tellement à nous apprendre et à nous offrir ! Si on allait voir cela de plus près ?

L’interdépendance entre l’être humain et le reste de la nature

Est-il nécessaire de rappeler que nous sommes tous interdépendants ? Nous faisons partie de la nature, nous sommes faits pour suivre ses cycles, et notre survie dépend de sa bonne santé.

Si vous lisez le blog de Natasha, vous avez certainement à cœur d’agir pour protéger les ressources naturelles et prendre soin de la planète. Mais savez-vous observer avec bienveillance tout ce qui vous entoure – même les mauvaises herbes et les insectes répugnants ?

J’ai déjà parlé ici et ici des livres de Marc Giraud. Ce sont eux qui m’ont incitée à porter un regard différent sur la faune et la flore du monde entier. Je me rappelle avoir pleuré en lisant certains passages, parce que je prenais conscience de l’étendue de mon ignorance face à la perfection de chaque être vivant, même le plus minuscule et insignifiant.

J’ai réalisé que le monde ne fonctionne pas en mode binaire, qu’il ne se partage pas en « bon » et en « mauvais », ni en « utile » et en « nuisible ». Du plus gros prédateur à la plus petite proie, chacun joue un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème. Tout le monde y a sa place, du plancton à la baleine, de la bactérie à l’éléphant.

Dois-je préciser que nous détruisons tout avec une ardeur délétère, uniquement poussés par la recherche de notre intérêt immédiat ?

Plus que jamais, changer notre regard sur le monde qui nous entoure est la première étape pour changer le monde tout court.

(J’ai le goût des phrases ronflantes en ce moment, vous avez remarqué ?) 🙂

Découverte bouleversante de l’existence de différents mondes intérieurs

Outre les livres de Marc Giraud, que je vous conseille chaudement de découvrir, je me souviens du déclic que j’ai ressenti en lisant cet article de la Carotte Masquée. Aurélia y explique que chaque espèce animale possède son propre univers, son Umwelt, selon le terme inventé par Jacob von Uexküll, biologiste, philosophe et précurseur de l’éthologie.

Chaque espèce possède son propre univers ! Mais comment a-t-on pu passer à côté de cette évidence si longtemps ?

Ainsi, le ver de terre n’est pas juste un truc dégoûtant qui se tortille sous la bêche du jardinier… Le ver de terre a sa raison d’être et, plus encore, il a son univers propre, tissé de ses sensations et de ses instincts. Il possède des « talents » uniques et personnels, et il est conçu exactement comme il faut pour accomplir sa « mission » (à savoir, aérer la terre).

L’être humain n’est donc pas le seul être complexe et abouti de la Création. Chaque animal, chaque insecte, est également doté de toutes les particularités nécessaires à sa survie. Parfois, ces particularités sont stupéfiantes !

Qu’un cafard ne puisse pas tweeter ou qu’un lynx ne puisse pas voter n’enlève rien à leur « perfection » ni à leur « valeur » intrinsèques. Sans doute peuvent-ils nous apprendre beaucoup de choses, si nous savons les observer. C’est d’ailleurs le postulat de base du biomimétisme, notion sur laquelle je ne m’attarderai pas, mais que je vous encourage à creuser si le sujet vous intéresse.

Observer pour comprendre et s’émerveiller

Lorsque je lève le nez de mes livres (cela arrive, oui oui !), je m’efforce de rester disponible à la beauté du monde. Car, si je ne peux pas forcer l’émerveillement ni l’inspiration, je peux au moins me tenir prête à les vivre…

Un jour, par exemple, une coccinelle s’est posée sur mon doigt et, au lieu de la regarder distraitement avant de la pousser à s’envoler, je me suis mise à l’observer comme je ne l’avais jamais fait. J’ai été fascinée par ses pattes très fines qui ressemblent presque à des petits ciseaux, par sa façon de se « débarbouiller » et de déployer ses ailes…

Plus récemment, c’est un escargot qui m’a fait l’honneur de ramper sur ma main pour me permettre de l’étudier sous toutes les coutures. Moi qui adore les escargots (vivants), j’étais ravie comme une enfant ^^

J’aime aussi regarder les oiseaux : ils sillonnent le ciel, ils peuvent se poser sur la cime des arbres ou au sommet des plus hauts monuments. Ils peuvent tout dominer. Et pourtant ils ne recherchent rien. Ils sont. Sans angoisses qui les parasitent, sans attentes qui les crispent, sans ambitions qui les consument. Simplement, ils sont libres. Ils nous enseignent que l’univers est plus vaste quand on prend de la distance…

Naturellement, il n’y a pas que les insectes et les oiseaux à admirer ! Il y a aussi tous les autres animaux (même domestiques), les plantes, les fleurs, les arbres, les pierres, les nuages, les étoiles…

Il suffit d’être curieux.se et attentif.ve. Il suffit de prendre le temps de respirer, de faire une pause pour regarder autour de nous, même si le béton domine notre environnement…

C’est apaisant. C’est doux. C’est essentiel.